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Bienvenue dans ce nouvel article dédié à la photographie culinaire en restaurant. En tant que photographe, on peut être amené à réaliser plusieurs types de prestations, dont les shootings en restaurant.
Suite à mes stories Instagram où je vous racontais un shooting dans un super restaurant à Annecy, vous avez été nombreux à me poser des questions. J'ai donc eu envie de vous écrire un article complet sur le sujet.
La photographie culinaire en restaurant est de plus en plus populaire, notamment grâce aux réseaux sociaux. Les restaurateurs voient un avantage considérable à mettre en avant leur établissement, en particulier sur Instagram.
De belles photos donnent envie aux futurs clients et font découvrir le restaurant : c'est un peu un menu imagé disponible en permanence, ou une carte de visite qui donne envie. On a tous déjà regardé le compte Instagram d'un restaurant pour voir ce qu'il propose. Personnellement, je compare souvent les restaurants sur les réseaux : avoir une page active avec de jolies photos est donc essentiel.
Publier régulièrement augmente nettement la visibilité de l'établissement et peut créer un vrai effet « buzz ». Par exemple, voici un compte de restaurant de brunchs qui cartonne à Paris :

D'habitude, je prends plutôt des contrats réalisables dans mon studio : je préfère travailler avec mon matériel, ma lumière et un endroit que je connais — ma zone de confort. Aller photographier des plats dans un restaurant, dans une ambiance que je ne maîtrise pas, était assez intimidant. J'ai donc longtemps décliné les propositions, par « peur » de ne pas y arriver, et parce que je ne savais pas quel matériel emporter ni comment procéder. Rassure-toi : tout ça se construit progressivement, avec l'expérience.
Après avoir déménagé près d'Annecy, en Haute-Savoie, j'ai eu envie de découvrir de nouveaux endroits. Grâce à mon compte Instagram, j'ai reçu une proposition d'un restaurant où j'avais mangé, Haven , qui avait remarqué mon travail.
Cette fois, c'était différent. J'avais adoré la carte du Haven, le cadre était très sympa et les restaurateurs adorables : je me suis dit pourquoi pas (et j'ai bien fait !). On a planifié la date et défini ensemble la liste des plats à photographier sur une demi-journée. Une grosse séance pour une première, mais j'avais hâte.
En arrivant, il a fallu prendre mes marques et trouver le meilleur endroit pour shooter. Dans un restaurant, il fait souvent sombre et la lumière est jaune sans accès à l'extérieur : il faut donc bien évaluer le bon emplacement, quitte à tester plusieurs sets. Pour cette première, tout s'est bien passé. C'était fatigant, mais j'étais ravie d'être sortie de ma zone de confort. J'ai adoré parler aux clients et parfois les « embaucher » comme modèles (avec leur accord), ça change des moments seule en studio.
C'est plus compliqué que de soigner une photo pendant une heure devant son set en studio :

Quand un client te contacte, cherche d'abord à savoir quel type de photos il veut : des plats sans décor ni stylisme (pour un menu), ou des photos d'ambiance avec mise en scène. Personnellement, je préfère les photos d'ambiance, c'est plus fun, mais ce n'est pas toujours le besoin.
On se met ensuite d'accord sur l'ambiance. Pour un shooting d'automne, par exemple, on partira sur quelque chose de cosy, avec des plats réconfortants, éventuellement quelques photos en extérieur avec plaids et pulls.
Vient enfin la réalisation du devis. Je pars souvent sur un forfait : une demi-journée (4 h) ou une journée (8 h), en incluant le déplacement, les heures de retouche et la cession des droits photo. Je fais un pack tout compris pour un prix fixe.
D'abord, préparation du matériel et choix du set (la zone avec la plus belle lumière naturelle, ou l'endroit le plus cosy selon les besoins). Ensuite, mise en place du set : je commence souvent avec des assiettes vides pour voir le rendu, puis la cuisine envoie les premiers plats.
Attention : certains plats ne sont beaux que quelques minutes (les sauces se délient, par exemple), il faut prévoir le bon timing. Les plats qui « tiennent » peuvent être photographiés à tout moment.
Vient le shooting, avec ou sans modèles (j'aime quand la photo a un aspect vivant, donc je privilégie la présence de personnes). Fin du shooting quand tous les plats sont photographiés et validés, puis rangement et… petite pause nourriture ! L'avantage du restaurant, c'est qu'il reste souvent de quoi déguster.
Je prends mon matériel habituel : mon Canon 6D Mark II et deux objectifs. J'aime avoir un zoom et une focale fixe : le zoom facilite le passage d'une scène à l'autre (mais ouvre à 5,6), la focale fixe donne un plus beau flou d'arrière-plan.
J'utilise un zoom 24-105 mm Canon pour les grandes tables et les flat lays, et la focale fixe 50 mm 1.8 pour les plats zoomés et les photos de 3/4 ou de face. À 1.8, le flou d'arrière-plan est plus joli et plus pro qu'à 5,6, mais il faut plus de recul (pas possible pour les vues de haut). Ces deux objectifs sont complémentaires ; un 24-70 fonctionne aussi très bien. Pour tout le détail, vois mon guide complet du matériel photo.
On peut emporter un trépied, mais comme je bouge beaucoup d'un endroit à l'autre, je ne l'ai pas trouvé indispensable — je l'avais pris pour le premier shooting sans m'en servir. (Lien de mon trépied.)
Un kit de lumière artificielle peut être très utile si la lumière du restaurant est mauvaise. J'ai utilisé mon kit deux lampes lors d'un shooting d'automne où la lumière était faible, pour éclairer un côté de la table. J'ai écrit un article détaillé sur mon kit de lumière artificielle. (Lien du kit de lumière utilisé.)
Des fonds photo, enfin, peuvent servir pour les plats seuls ou une ambiance particulière. J'utilise les fonds de la boutique Pastryandtravel pour ça, c'est très pratique.
Découvre mes fonds photo pour la patisserie juste par ici.

J'aime beaucoup la présence humaine sur mes photos : ça apporte de la vie et un aspect plus réel. Deux solutions simples :
Tu peux venir avec des ami(e)s qui t'accompagnent pendant la séance : c'est convivial et plus naturel sur les photos. Inconvénient : le shooting peut être long, il faut des amis patients et disponibles. Dans mon cas, les gérants du Haven ont demandé à des clients fidèles de passer quelques heures — une bonne idée qui valorise ces clients tout en leur offrant un repas. Ils ne restent pas tout le shooting (moins long pour eux), mais il faut alors faire un maximum de photos pendant qu'ils sont là. Un très bon compromis.
Dernière option : engager des modèles, ce qui demande un budget plus important. Je n'ai pas testé, donc je ne peux pas t'en dire plus.


Dernière question fréquente : le démarchage. Je n'ai pas démarché les restaurants, ils sont venus à moi grâce à mon compte Instagram — d'où l'importance de montrer son travail sur les réseaux.
Tout le monde n'a pas une grosse visibilité. Une solution : aller manger dans le restaurant que tu vises. Ça permet de découvrir le lieu, l'ambiance, la lumière, et de rencontrer les patrons. Profites-en pour prendre quelques photos. Si le courant passe, parle de ton activité de photographe et montre tes images. Mets en avant les bénéfices pour eux : plus de visibilité, une meilleure image, des photos réutilisables sur leur site, et donc plus de clients. Si tu ne peux pas t'y rendre, contacte-les par mail ou Instagram pour qu'ils découvrent ton travail.
Le premier contrat est le plus dur à décrocher ; ensuite, le bouche-à-oreille s'enclenche. Après mes shootings, j'ai souvent des clients qui me contactent. Poster tes réalisations montre ce que tu sais faire, et comme les restaurants d'une même ville se connaissent, l'un peut te repérer chez l'autre. Ça se construit petit à petit.
Repère d'abord la zone avec la meilleure lumière (près d'une fenêtre). Si la lumière manque ou est trop jaune, ajoute un kit de lumière artificielle placé sur le côté de la scène (jamais de face). Une focale fixe lumineuse (50 mm 1.8) aide aussi à capter plus de lumière et à flouter joliment l'arrière-plan.
Un appareil plein format (type Canon 6D Mark II), deux objectifs complémentaires (un zoom 24-105 et une focale fixe 50 mm 1.8), éventuellement un trépied, un petit kit de lumière artificielle pour les lieux sombres, et quelques fonds photo pour les plats isolés.
Deux leviers : rendre ton travail visible sur Instagram (les restaurants te repèrent), et aller manger dans les établissements que tu vises pour rencontrer les patrons et montrer tes photos. Une fois le premier contrat décroché, le bouche-à-oreille fait le reste.
Le plus simple est un forfait : une demi-journée (environ 4 h) ou une journée (8 h), incluant le déplacement, les heures de retouche et la cession des droits d'utilisation des photos. Un pack tout compris à prix fixe est plus clair pour le client.
J'espère que cet article t'aidera à te lancer dans la photographie de restaurant ! Ce n'est pas toujours facile au début, mais petit à petit un portefeuille de clients se constitue. Pour aller plus loin, lis aussi comment éviter les photos floues et comment utiliser les fonds photo.
Si tu as des questions, viens m'en parler sur Instagram.
Belle journée,
Justine × Pastryandtravel